
Le breakfast
Un petit coffee shop dans un quartier tranquille, à deux pas de Coit Tower. J'y prenais mon breakfast tous les matins, avec mon frère. Qu'est-ce que c'était bon. Et cette serveuse, si chaleureuse qu'elle a fini sur la photo avec nous.
Le seul rendez-vous que je me fixe, c'est l'heure de mon vol retour. Entre les deux, je laisse la route décider. Art Road, c'est cette liberté-là, que j'ai envie de te transmettre.
Toute l'année, tu tiens tout. Le travail, la maison, les enfants, les autres. Tu prévois, tu anticipes, tu rassures. Ta tête ne s'arrête jamais.
Sur la route, quelque chose se défait. Plus de planning, plus de décisions à prendre pour les autres. On sort de son cerveau. On s'émerveille d'un ciel, d'une rencontre, d'un burger mangé au comptoir avec les gens du coin. On se reconnecte à soi.
Ce ne sont pas des vacances. C'est un moment de grâce. On perd le contrôle, et on rentre conquérant.
Il existe des millions de photos du Golden Gate Bridge. La première ci-dessous, il n'en existe qu'une. Le voyage est là, dans ce qu'on n'avait pas prévu.

Un petit coffee shop dans un quartier tranquille, à deux pas de Coit Tower. J'y prenais mon breakfast tous les matins, avec mon frère. Qu'est-ce que c'était bon. Et cette serveuse, si chaleureuse qu'elle a fini sur la photo avec nous.
Photo : Roy
Tout le monde fait la boucle en voiture entre les buttes. Moi, j'ai demandé sur place s'il existait quelqu'un pour aller plus loin que la route habituelle. On m'a donné un numéro : celui de Roy, qui vit à Monument Valley et fait découvrir sa terre avec d'autres gens de chez lui. Il m'a emmenée là où vivent les siens. Ce jour-là, j'ai vu ce que la route ne montre pas. Depuis, on s'envoie des photos : Monument Valley d'un côté, la France de l'autre.



Des portes du parc fermées, de la neige partout. Rien ne se passait comme prévu. J'avais faim. Au bord de la route, un saloon ouvert depuis 1902. J'ai poussé la porte : un comptoir en bois sombre, des gens du coin, un chapeau de cowboy au bar. Et ce burger. C'est ce moment-là que je garde, pas les routes que je n'ai pas pu prendre.

J'ai répondu la vérité : je ne sais pas encore. Ils m'ont gardée trois heures et demie. Ils ne comprenaient pas qu'on traverse l'Atlantique sans savoir où l'on va. C'était pourtant toute l'idée. Quelques heures de sommeil plus tard, j'étais à Venice Beach, sous les palmiers. Libre.

Bientôt 50 ans, pas une sportive. J'ai monté le sentier doucement, à mon rythme. Et puis l'arche est apparue. Je n'ai jamais été aussi fière d'être quelque part.



Pas de lit pour la nuit, et pas un mot d'espagnol. Une petite annonce dans un commerce, traduite avec mon téléphone. La dame est rentrée de chez sa fille juste pour m'ouvrir. Elle m'a fait dîner, et on a discuté en trois langues, avec beaucoup de Google Traduction.



Tout le monde monte au sommet des gratte-ciel. Moi, un dimanche de Pâques, je suis restée en bas, sur la Cinquième Avenue. L'Easter Parade : des chapeaux de plumes et de tournesols, des chiens fleuris dans leur poussette, tout New York dans la rue. Et ailleurs dans la ville, une créatrice de bijoux sur la 45e rue, une petite épicerie pleine de produits improbables, un resto où il n'y avait que des New-Yorkais.


À Broadway, la scène ne s'arrête pas au rideau. Le lustre, les loges, la salle où l'on est assis : tout le théâtre devient décor. Ce soir-là, un comédien s'est retrouvé à deux pas de moi. The Phantom of the Opera, comme jamais. Un an plus tard, le spectacle tirait sa révérence après 35 ans.

Tout le monde vient voir le sapin du Rockefeller Center illuminé en décembre. Nous, on est tombés sur le moment d'avant : une grue géante, l'arbre encore couché au-dessus de la patinoire et de la statue dorée, et on l'a vu se mettre en place. Les coulisses de Noël, en plein New York.
Nouveaux récits à chaque voyage.
Ton voyage, personne ne peut le faire à ta place. Mais on peut t'aider à franchir le pas : des pépites qu'aucun guide ne connaît, une conversation pour oser, et quelqu'un sur la même route.
La boutique ouvre très bientôt.
Une histoire, une photo, et cette envie que tu avais rangée quelque part revient.
Une Carte des Pépites : des lieux vrais, sans ordre ni programme. Tu prendras ceux qui te parleront.
Une heure ensemble, et ton « un jour » devient une date.
Seul sur ta route, libre. Et quelque part, pas loin, quelqu'un qui sait.

Je m'appelle Patricia. J'ai un fils, un travail exigeant, des responsabilités qui pèsent et une charge mentale qui monte parfois très haut. Toute l'année, je contrôle tout. Je n'ai pas le choix.
Alors quand je pars, je lâche tout. Un vol, une voiture, et c'est tout. Je cherche mon lit dans l'après-midi, je change de route sur un coup de cœur. Le seul rendez-vous que je garde, c'est mon vol retour. Et même lui, un jour à Carmel, je l'ai laissé filer.
Pendant ces quelques semaines, c'est comme si je sortais de mon cerveau. Un moment de grâce. Et je rentre conquérante.
Je suis partie comme ça avec mon fils de 3 ans. J'ai emmené mon frère, qui a peur de tout. Il m'a dit qu'il n'avait pas eu peur, parce que j'étais là. C'est pour ça qu'Art Road existe : être ce quelqu'un, pour ceux qui n'osent pas encore.
PatriciaC'est surtout pour toi. Art Road est pensé d'abord pour celles et ceux qui partent seuls pour la première fois.
Parce que ce qui te manque, ce n'est pas l'information. C'est l'élan, les bonnes adresses hors des sentiers, et quelqu'un de confiance pas loin. Sans ça, beaucoup ne partent jamais.
Surtout à ceux qui n'y sont jamais allés. En vrai, c'est un des pays les plus accueillants que je connaisse. Des gens friendly, curieux, qui t'invitent à leur table ou t'emmènent voir là où ils vivent.
Toi, librement. Art Road ne vend ni billets ni séjours. Tu décides de tout, jusqu'au dernier moment si tu veux.
Moi non plus, à Tarragone. Un téléphone, un sourire et beaucoup de curiosité m'ont ouvert la porte d'une maison et d'un dîner. Et pendant la session, tu n'es jamais seul face à une question.
Pour la session Solo, ensemble dans l'Ouest américain, oui : la route se fait en voiture.
Il t'attend quelque part entre un vol aller et un vol retour. Le reste, la route l'écrira avec toi.
Je pars avec Art Road Perdue au milieu de nulle part · Death Valley, Californie, février 2023